Les propositions du Centre d'Action Laïque pour l'Union européenne
Les changements climatiques dus au réchauffement de l’atmosphère posent un défi existentiel à l’humanité tout entière.
Pour relever ce défi, les États se sont engagés en 2015 par l’Accord de Paris à maintenir la hausse des températures en-dessous de 2% et à mettre tout en œuvre pour limiter le réchauffement à 1,5% par rapport à l’ère préindustrielle. La mise en œuvre de ces engagements implique de réduire les gaz à effet de serre (GES) mais aussi de financer les alternatives, d’assister les pays en développement afin qu’ils puissent s’adapter et d’ores et déjà venir en aide aux victimes des dérèglements climatiques.
Pour les laïques, la question climatique se pose avec évidence, d’autant que les plus faibles en sont les principales victimes et que les atteintes à l’environnement nuisent directement aux droits fondamentaux. Ainsi par exemple, la désertification, la multiplication des événements climatiques extrêmes menacent le droit à la vie, à l’alimentation ou à la santé de millions de personnes, notamment dans les pays du Sud.
Le dernier rapport du GIEC montre l’urgence de la transition environnementale. Pour la réaliser, il est indispensable de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, et donc l’usage des énergies fossiles.
Avec le European Green Deal, l’Union dispose d’un projet ambitieux pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il est crucial d’en réaliser les objectifs.
L’Union européenne doit réduire drastiquement – en vue de le supprimer – l’usage d’énergies fossiles (charbon, lignite, pétrole, gaz naturel) dans la production d’électricité. L’Union européenne doit faciliter les investissements et financer le développement de sources d’énergie électrique décarbonées, pour garantir un mix énergétique bas carbone, mais aussi pilotable et capable d’assurer les besoins de la population à un prix abordable.
En effet, la transition énergétique doit être socialement équitable. Cela implique une refonte du marché européen de l’électricité, qui devrait davantage favoriser les sources d’énergie décarbonées. Cela implique aussi une politique cohérente pour l’efficacité énergétique.
La lutte contre le réchauffement climatique et les atteintes à l’environnement doit être mondiale pour pouvoir être efficace. L’Union européenne doit continuer son engagement dans les forums diplomatiques multilatéraux.
La conciliation du développement économique et de la lutte contre le changement climatique et pour la protection de l’environnement est une question centrale de notre temps. L’Union devrait et peut jouer un rôle historique en aidant les pays en développement à développer des sources d’énergie bas-carbone, afin de leur permettre de poursuivre leur développement économique sans devoir augmenter leurs émissions de GES.
Le Centre d’Action Laïque demande dès lors aux futurs responsables européens de:
- Réaliser les ambitions européennes pour 2030 et prendre des engagements européens plus ambitieux en vue de parvenir à une décarbonisation complète en 2050, ainsi qu’un plan d’action renforcé de mise en œuvre (investissements dans les énergies décarbonées, amélioration de l’efficacité énergétique, transition socialement juste pour ne pas accentuer la pauvreté énergétique, etc.).
- Poursuivre les efforts diplomatiques en vue de la réduction drastique des gaz à effet de serre; dans le cas des pays en développement, développer une stratégie pour leur permettre de concilier le développement avec la décarbonation de leur production d’énergie, notamment par des transferts de technologie et autres mesures de coopération.
- Développer des standards communs pour améliorer la qualité de l’air et de l’eau et rendre disponible une alimentation saine et de qualité.
- Mettre en œuvre les engagements pris en matière de biodiversité et d’une façon générale stopper l’utilisation non soutenable des ressources naturelles.
- Veiller à ce que les entreprises multinationales basées en Europe respectent les normes environnementales dans leurs activités dans les pays en développement, que ce soit directement ou indirectement par le biais de filiales, succursales et dans leur chaîne de valeur (devoir de vigilance et responsabilité des entreprises).
- Faire de l’Europe une zone exemplaire en matière de mobilité durable en renforçant l’offre de transports en commun, en investissant massivement dans la mobilité propre et en adoptant des législations pour éliminer les polluants, le bruit et les émissions de CO2 dans le transport, notamment liaisons ferroviaires transeuropéennes, alternatives à l’avion effectives et abordables; inciter les États à développer l’offre de transport local (ferroviaire, trams, etc.); viser à la suppression des vols sur de courtes distances; dans le domaine du fret, développer le transport ferroviaire des marchandises pour réduire les transports par route.
- Favoriser l’économie circulaire, développer les filières de recyclage et développer les politiques européennes cohérentes pour prévenir les déchets et promouvoir l’utilisation de biens durables et réparables.
- Réformer la politique agricole commune selon les principes suivants: l’agriculture doit permettre une production alimentaire suffisante pour nourrir la population et garantir une alimentation à des prix abordables, assurer un revenu décent aux agriculteurs, dans la gestion raisonnée et équitable des ressources en eau, en réduisant les atteintes à l’environnement (notamment via l’usage de pesticides).